*En reconstruction*
Mouvements
A la recherche dāun mouvement vital, Ć travers la contrainte photographique.
Interroger les rapports paradoxaux quāentretiennent le geste dansĆ© et le geste photographique. Mesurer lāimpact du dĆ©clencheur. Critiquer le rĆ“le de tĆ©moin assignĆ© Ć la photographie au sein du spectacle vivant. Rencontrer. Ćtre artiste. Rendre compte de ce travail de maniĆØre cohĆ©rente.
Beaucoup de questions dans ce travail menĆ© en partenariat avec le Centre national de danse contemporaine et les milieux hip-hop lors de labs ou de battles, en rĆ©sidence ou en studio. Les techniques de prises de vues sont trĆØs variĆ©es et sāadaptent Ć la spĆ©cificitĆ© de chaque projet. Une prise de notes constante, complĆ©tĆ©es par des enregistrements, pour rendre compte aussi Ć lāĆ©crit du travail des chorĆ©graphes, des rĆ©flexions qui Ć©mergent, des difficultĆ©s et des prises de dĆ©cisions artistiques de la part des Ć©quipes et de moi-mĆŖme.



























Emergences
Des prĆ©sences Ć©mergent du studio, encore hĆ©sitantes et vulnĆ©rables, ou Ć©voluent dans un espace traitĆ© comme un dĆ©cor en nuit amĆ©ricaine, isolĆ©es autant que rĆ©vĆ©lĆ©es par la lumiĆØre dāun flash ami. Ni bloquĆ©es Ć lāintĆ©rieur, ni tout Ć fait Ć lāextĆ©rieur, elles se tiennent entre-deux mondes, Ć lāOrĆ©e.
La photographie est la manifestation de cet espace de rencontre entre une figure encore indistincte, piĆ©gĆ©e dans le noir, et lāeffort du spectateur pour tĆ©moigner de cette apparition.













Rencontres - Dispositifs d'expositions
En proposant diffĆ©rentes maniĆØres dāaccĆ©der aux photographies, la possibilitĆ© de se repencher dessus plusieurs fois, en adaptant lāenvironnement et en collaborant avec la musique, le dessin ou la danse, jāessaie de proposer des expĆ©riences ludiques et simples pour provoquer une rencontre individuante, telle que dĆ©finie par Morissot et Zhing, avec un spectateur devenu actif.
Aujourdāhui, je travaille notamment sur le rapport au spectacle vivant, le dĆ©passement de la fonction de tĆ©moignage assignĆ©e Ć la photographie, pour proposer des dispositifs Ć©phĆ©mĆØres et/ou Ć©volutifs sous lāaction des personnes prĆ©sentes.






Broderies
En duo avec Maison Aimard, spĆ©cialiste de la broderie dāor, nous mĆŖlons nos pratiques : broderie sur photographies, intĆ©gration dāĆ©lĆ©ments brodĆ©s dans les compositions photographiques, patron brodĆ© aboutissant Ć une image, etc. Une autre occasion de sortir de soi pour aller Ć la rencontre de lāautre.
AprĆØs des premiers essais autour de lāoeuvre de Klimt, nous produisons cAUrps, un travail inspirĆ© du Kinstugi japonais composĆ© de photographies, de photographies brodĆ©es et de cĆ©ramiques brodĆ©es (collaboration de Jules Leroy).




Portraitiste
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En partenariat avec le Centre national de danse contemporaine d'Angers depuis septembre 2024 pour travailler autour du mouvement lors de la venue des artistes en rƩsidence. Amala Dianor / Ikue Nakagawa / Volmir Cordeiro / Yaƫl RƩunif & Jordan Beal / Calixto Neto / Collectif Les Idoles / Maxime Kurvers / Ola Maciejewska








Avec Maison Aimard, brodeuse dāart, nous explorons les limites de nos deux domaines en collaborant de toutes les maniĆØres possibles : broderie sur photographie, intĆ©gration dāĆ©lĆ©ments brodĆ©s dans les prises de vues, patron brodĆ© aboutissant Ć une image, etc. Deux altĆ©ritĆ©s pour crĆ©er des oeuvres composites uniques. En ce moment nous finalisons un travail, CAurps, autour du Kintsugi japonais : la rĆ©paration dorĆ©e des objets et des Ć¢mes.







Portraitiste pour vous, vos Ć©quipes, votre art, vos Ć©vĆ©nements.Ā




















Une prƩsence se dessine dans le noir, encore hƩsitante, en pleine transformation / sƩries de portraits studios.

















Le bâtiment est traité comme un immense studio, nettoyé en post-production, pour se concentrer sur la simplicité de la scène : une personne, une lumière.
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Rodrigo Fontanari, Enseignant ā Chercheur en Histoire de lāart contemporain & SĆ©miologie du texte et de lāimage
"LāatmosphĆØre crĆ©pusculaire, dĆ©pourvue de sublimation romantique, transforme le quotidien sans le dĆ©figurer. Ainsi, un mur de théâtre devient une passerelle de dĆ©filĆ©, où les modĆØles Ć©voluent non pas devant lāobjectif mais sous la lumiĆØre froide dāun lampadaire, qui fait Ć©merger les corps de lāopacitĆ© du paysage nocturne. Ce faisant, il fait apparaĆ®tre un monde parallĆØle, comme des fragments Ć©nigmatiques dāune rĆ©alitĆ© invisible Ć lāÅil nu qui n'est pas lāopposĆ©e du visible mais son habitant secret, ce qui se dĆ©robe au sein mĆŖme de la prĆ©sence."










PƩnombre - Exposition
Tour St Aubin, du 6 au 17 mars 2025 de 10h Ć 19h
Avec le soutien de la ville dāAngers et en partenariat avec le CNDC




Une rencontre individuante
Dans la perspective de proposer une expĆ©rience dāexposition individuante, telle que dĆ©finie par Morizot et Zhong dans LāesthĆ©tique de la Rencontre, PĆ©nombre sāarticule autour dāun procĆ©dĆ© ludique propre Ć engager le spectateur dans son rapport Ć lāÅuvre. Ainsi, les photographies prĆ©sentĆ©es dans le noir se dĆ©voilent dāabord sous les torches prĆŖtĆ©es aux spectateurs, chacune Ć leur tour.Puis, de la mĆŖme maniĆØre fragmentĆ©e, les lampes UV rĆ©vĆØlent les dessins originaux de Marion Colombel, sāintĆ©grant aux oeuvres et aux poĆØmes de Jean-David LemariĆ©. Lāaction du spectateur seule permet dāaccĆ©der aux oeuvres, ce qui augmente nĆ©cessairement les chances dāune rencontre vĆ©ritable et impactante. Les diffĆ©rentes strates dāexploration demandent du temps, de lāattention, et la musique enveloppante de Matt Danger, foisonnante et onirique accompagne cet intĆ©rĆŖt. Si PĆ©nombre sāattache Ć montrer une figure qui Ć©merge et sāaffirme sous le regard de lāautre, la scĆ©nographie propose un mouvement inverse, une possibilitĆ© pour le spectateur dāĆ©voluer aussi grĆ¢ce Ć cette expĆ©rience.
Une vision du handicap
PĆ©nombre documente indirectement lāĆ©tat dāune personne bipolaire dans la mise en scĆØne dāune prĆ©sence qui cherche Ć sortir de soi pour exister. Un effort quotidien et nĆ©cessaire, face Ć une identitĆ© constamment interrogĆ©e et une prĆ©sence au monde rĆ©guliĆØrement menacĆ©e. Entre moments dāeuphorie et dĆ©pressions inĆ©vitables, la bipolaritĆ© impose une displine crĆ©ative propre Ć retrouver des raisons dāaller vers, dāaller avec. Rien ne va de soi. Aussi Ć©volue-t-on dans un espace de transition, dans la pĆ©nombre, Ć lāorĆ©e du monde. Dans la peur et lāapprĆ©hension du ciel. Le confort des souterrains. A la limite du jour et de la nuit. Dans la nĆ©cessitĆ© de se projeter, dāĆŖtre en mouvement. De croire malgrĆ©.
Une musique habitĆ©e, composĆ©e pour lāoccasion - Matt Danger
Cette musique a Ć©tĆ© composĆ©e pour accompagner PĆ©nombre. Jāai essayĆ© de traduire de maniĆØre sonore le voyage de la dĆ©couverte dāune photographie. Celle que lāon dĆ©couvrirait dāabord dans lāobscuritĆ© pour en discerner progressivement certains Ć©lĆ©ments puis, petit Ć petit, une partie initialement enfouie qui viendrait alors faire surface. Jāai dāabord imaginĆ© cette piĆØce en lāimprovisant puis en extrayant des idĆ©es intĆ©ressantes pour ensuite les retravailler informatiquement. Contrairement Ć mon approche habituelle plus spontanĆ©e, jāai ici utilisĆ© un logiciel de MAO pour extraire, dĆ©couper, triturer, inverser, pitcher diffĆ©rents motifs prĆ©alablement enregistrĆ©s. Principalement pour les nombreux Ć©chantillons qui sont ajoutĆ©s comme des bruits presque organiques - bruits blancs, notes percussives - ainsi que pour les effets. En māinspirant dāune musique Ć©lectronique ambiante et progressive - Caterina Barbieri, Maria Teriaeva, Sam Sheperd -, jāai composĆ© cette musique Ć partir dāun motif central simple de huit notes qui, presque imperceptible au dĆ©but, vient peu Ć peu prendre forme, tout en sāentremĆŖlant Ć lui-mĆŖme de multiples faƧons. Pour cela jāai jouĆ© cette sĆ©quence sur des synthĆ©tiseurs - analogiques et semi-modulaires - en sculptant le son au fur et Ć mesure du temps : forme de lāoscillateur, frĆ©quence de filtre et
de rĆ©sonnance, attaque et durĆ©e des notes, modulation de frĆ©quences, etc. Cela māa permis dāobtenir un mouvement perpĆ©tuel du son Ć travers ce motif rĆ©pĆ©titif qui donne lāimpression que lāon pourrait avoir en regardant une photographie ou un tableau : dans un cadre fini, on dĆ©couvre petit Ć petit des Ć©lĆ©ments imperceptibles.
Dessins UV : naivetƩ du monde
Les dessins invisibles de Marion Colombel apportent leur altĆ©ritĆ© Ć cette prĆ©sence photographique. Ils complĆØtent autant quāils dĆ©tournent en proposant une vision naive, magique, presque merveilleuse dāun monde en train dāĆŖtre dĆ©couvert, modulant la gravitĆ© existentielle qui semble se jouer Ć lāintĆ©rieur du plan photographique. MalgrĆ© la peur du dehors, de la rencontre, elle nous propose une exploration premiĆØre, ludique et positive, pour finir sur une note optimiste. Une Ć©claircie.
OrƩe - Exposition
Suite aux sĆ©ries produites au Quai dāAngers, au Théâtre Foirail et au MystĆØre des Faluns, OrĆ©e s'attache Ć dĆ©velopper cette entitĆ© qui vit, rĆŖve, Ć©volue dans le noir. Jāai cherchĆ© Ć caractĆ©riser ce personnage. En lui donnant une trajectoire composĆ©e de quelques mots clĆ©s : Ć©mergence, mĆ©tamorphose, dĆ©tresse, seuil. Lora Cabourg a permis de moduler et concrĆ©tiser cette premiĆØre approche Ć travers nos discussions puis son interprĆ©tation. Sa danse, trĆØs ludique, a profondĆ©ment imprĆ©gnĆ© le personnage. EsthĆ©tiquement jāai gardĆ© le noir trĆØs prĆ©sent, intime, malgrĆ© le lieu extraordinaire dans lequel nous avons pu Ć©voluer. J'ai conservĆ© le flash dans la composition. Il permet dāinvoquer le spectateur au sein de la narration, comme adjuvant, et souligner son rĆ“le dans la construction de lāimage mĆŖme.





